Partager l'article ! Editorial du 3 Juin 2011: Au travail ! Maintenant que le gouvernement de Boni Yayi 2 est constitué, il est urgent que l’Etat bénino ...
Au travail !
Maintenant que le gouvernement de Boni Yayi 2 est constitué, il est urgent que l’Etat béninois sorte du mode de campagne électorale et s’efforce à entrer dans le
mode rigoureux et exigeant du travail. En mode de campagne électorale, le politicien veut plaire et séduire les électeurs. En mode de gestion exécutive du pouvoir, le politicien a l’audace de la
rigueur et quelques fois même, il est obligé de déplaire aux populations et à certains acteurs principaux, afin de résoudre les problèmes de société.
Sans le passage d’un mode où la politique est tout à un mode où la technicité trouve un peu plus de place, rien ne peut se construire. Et cela
s’explique.
Premièrement, la personnalité du président Boni Yayi et son style de gestion du pouvoir s’inscrivent puissamment sur un registre émotionnel qui est une force pour
lui en mode de campagne électorale mais qui se révèle une faiblesse lorsqu’il est en mode de gestion exécutive du pouvoir. Raison pour laquelle de 2006 à 2011, le Bénin est resté en campagne
électorale permanente. Pour qu’il n’en demeure pas ainsi maintenant qu’il y a réélection, il est à souhaiter une gestion plus rationnelle du pouvoir pour sortir de la campagne permanente, surtout
qu’un troisième mandat n’est normalement pas en vue. C’est là où la nature humaine individuelle, consciente de ses limites, peut se faire aider par le système de gestion et
d’institutionnalisation mis en place.
Deuxièmement, au niveau de nos habitudes institutionnelles, la confusion entre l’appareil d’Etat et l’appareil politique, la politisation de l’administration
publique et de toute la vie nationale ont atteint une telle ampleur que sortir du mode de campagne électorale n’est pas facile. Le montage gouvernemental qui a conduit à la création d’un poste de
Premier ministre reposerait sur une analyse de ce genre visant une meilleure gestion du pouvoir exécutif. Or, deux questions restent encore sans réponse. En quoi le titre de Premier ministre
rendra maintenant plus opérationnelle la coordination - jusque là problématique - de l’action gouvernementale ? Ensuite, entre questions politiques et managerielles, quels rapports les ministres
entretiendront-ils avec le chef d’Etat d’une part et le premier ministre d’autre part ? De la réponse à ces questions dépendra la possibilité de mettre le gouvernement et le pays au
travail.
Abbé André S. Quenum
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