Partager l'article ! Editorial du 22 Avril 2011: Victoire sur le mal A Noël, déjà, la joie de l’esprit d’enfance est traversée par la méchance ...
A Noël, déjà, la joie de l’esprit d’enfance est traversée par la méchanceté inouïe et la violence aveugle du mal qui écrase l’innocence. Mais à Pâques, c’est
encore plus fort. C’est encore plus décisif.
Il est vrai, Jésus n’a pas foncé de manière forcenée contre la machine de la violence et du mal. Le faire serait malsain et même maladroit. Mais quand son « heure est arrivée ». Quand
il a épuisé tout ce qu’il pouvait faire comme enseignement, guérison et miracle. Et qu’il ne lui restait comme choix que de pactiser avec le mal ou, de façon plus douce, de faire ne serait-ce que
quelques petits compromis, ou alors de carrément prendre le risque possiblement fatal de faire face au mal. Que pensez-vous donc qu’il fit ? Il réussit à avoir ce courage qui nous vaut la
Pâque.
Jésus fait face au mal !
Ce fut violent, fatal. Il se dresse contre le mal, non par la force fanatique qui embrasse la violence contre soi ou contre l’autre et qui peut détruire et écraser de l’extérieur, mais avec la
force de l’amour qui peut toucher et bouleverser de l’intérieur, même l’ennemi.
Ce ne fut pas chose facile. Même pas pour le Fils de Dieu. « Pourquoi m’as-tu abandonné ? », a dit Jésus en présentant sa supplique à son Père. « Si cette coupe pouvait
s’éloigner », a-t-il souhaité. Au bout du compte, il a eu le courage de dire « … Non pas ma volonté, mais la tienne (Père) ». Il a eu le courage d’entrer si intimement dans cette
volonté du Père qu’elle est devenue la sienne : « Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne ».
Célébrer la semaine sainte et fêter Pâques, c’est cheminer avec Jésus pour faire face au mal qui, sans nécessairement prendre le visage d’un vilain démon, se distille dans les intrigues de nos
vies et se conforte de nos petites compromissions, pour produire par accumulation des violences et des haines qui finissent par nous étonner. Vaincre le mal avec Jésus, c’est refuser de
« faire semblant » devant les problèmes de la vie, de se contenter de colmater les brèches, de contourner les crises, de piquer les raccourcis. Pâques, c’est faire face au mal avec le
courage de l’amour.
Abbé André S. Quenum
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