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En une semaine, l’opinion internationale a vu le puissant directeur du Fonds monétaire international (Fmi), favori dans les sondages à l’élection présidentielle
française de 2012, descendre de son statut de l’un des plus grands hommes de ce monde. Les médias new-yorkais l’ont montré comme un prisonnier vulgaire menotté, présenté au juge et incarcéré à la
prison de Rikers Island, l’une des prisons les plus rudes et les plus peuplées des Usa. Dominique Strauss-Khan est accusé d’abus sexuel par une femme de chambre de 32 ans, dans un hôtel Sofitel
de New-York.
En France, pays d’origine de l’accusé, les sondages montrent que, au premier abord, la majorité de l’opinion doute de sa culpabilité et certains soupçonnent un
matraquage judiciaire et médiatique. Les Français sont choqués par ces images que leurs lois ne permettent pas normalement à leurs médias de montrer. Alors, Paris invite, avec raison, au respect
de la présomption d’innocence.
Aux Usa, même si certains aspects du dossier, comme le refus de la caution par la juge new-yorkaise, suscitent d’intenses débats, l’idée qu’un grand personnage de
cette stature soit menotté comme tout citoyen ordinaire, ne choque pas vraiment.
Et cet aspect des choses doit faire davantage réfléchir les pays comme les nôtres, où l’indépendance et l’équité de la justice sont si faibles, qu’on voie
fréquemment pour les plus petites des scènes de vindicte populaire, des détentions préventives prolongées, et pour les puissants plusieurs scandales politico-financiers presque jamais démêlés par
la justice. Au Bénin, on peut débattre avec raison des théories de conspiration autour de l’arrestation de DSK, du rôle des médias, du sexe chez les hommes d’Etat. Mais il ne faut pas rater
l’occasion de reposer les questions de la lutte contre l’impunité et de savoir si, un jour, nous serons tous un peu plus égaux devant la loi et la justice. Ou encore, la justice béninoise
fera-t-elle un jour la lumière sur les dossiers comme la Sonacop, la Lépi sous Kérékou, l’assassinat du juge Coovi, la Cen-Sad, l’affaire Icc, l’affaire Dangnivi, etc. ? La paix et même le
développement ne sont pas possibles sans la justice. Si DSK était au Bénin, on aurait conclu : « l’affaire est devant la justice » ! Et vive les calendes grecques !
Abbé André S. Quenum
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