Partager l'article ! Editorial du 17 Juin 2011: Quelle voix (e) pour l’Afrique ? L’Afrique est entrée dans le troisième millénaire comme un cont ...
Quelle voix (e) pour l’Afrique ?
L’Afrique est entrée dans le troisième millénaire comme un continent en ébullition dans un monde qui donne
l’impression d’être en recherche diffuse d’un nouvel ordre. Si, en tant qu’acteurs contemporains, nous sommes trop proches des faits pour bien les lire, en ce qui concerne l’Afrique, il faut en
plus se demander où va le continent et qui l’y conduira.
Quelle voie pour l’Afrique? C’est-à-dire : quelle(s) orientation(s) pour le contient?
Quelle voix pour l’Afrique? C’est-à-dire quel leadership pour le continent ?
Les exemples et les situations sont nombreuses qui portent ces interrogations. Le cas de la gestion de la crise
ivoirienne par le continent aurait pu servir d’exemple. Mais prenons le cas de la Libye.
Le vent du printemps arabe qui souffle à partir de la révolution tunisienne a fini par gagner la Libye en mars
dernier. Un peu plus de 20 jours seulement après l’éclatement des conflits dans ce pays, l’Union africaine a fait une proposition politique de sortie de crise qui malheureusement a échoué. Dès
lors, les chefs d’État africains ont cessé de parler le même langage sur le sort de la Libye. Le Sénégal et la Gambie ont clairement affiché leur position en reconnaissant la légitimité du
Conseil national de transition (Cnt) comme représentant légal de la Libye. D’autres pays comme le Ghana, le Gabon, le Tchad, le Rwanda et la Mauritanie qui, au départ avaient soutenu la position
de l’Ua ont commencé par se démarquer. Pour l’instant, le président sud africain, Jacob Zuma, est le seul à élever le ton contre les bombardements de l’Otan. Insistant pour que la Communauté
internationale revienne au plan de sortie de crise proposé par l’Union africaine. La plupart des autres pays du continent se sont murés dans un silence assourdissant. Dans cet imbroglio, le
Comité ad hoc de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye en appelle à un cessez-le-feu.
Avec tout cela, les remous ailleurs au sud du désert saharien comme au Burkina Faso indiquent que le printemps
maghrébien pourrait se tropicaliser. Or si les revendications sont plus envisageables par les peuples, les forces de construction et de reconstruction ne savent comment s’organiser. Ces forces
existent, mais elles sont en quête de voix et de voie.
Abbé André S. Quenum
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