Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /Juin /2009 23:39

L’eau donne la vie ou la détruit. Elle la nourrit ou la menace. Il appartient à l’homme de savoir la gérer en son abondance et dans son manque. Or, au Bénin, en inondation ou en sécheresse, l’eau ou son absence nous dicte sa vérité. Sur les terres arides qu’elle abandonne ,comme dans les nappes boueuses qu’elle inonde, en plus de nourrir ou de menacer nos vies, elle nous donne par son excès ou son défaut, la possibilité de lire notre incapacité de nous organiser comme citoyens et comme autorités, pour la maîtriser. La vérité de l’eau sur nous, ce n’est pas seulement ce que son existence, son abondance ou son manque font de nos vies, c’est surtout notre inconscience ou notre inconséquence. Et pourtant, voici à quel point nous souffrons.
Baignée par de multiples cours d’eau qui se jètent dans l’océan Atlantique qui, en retour, érode ses côtes et ses baies, toute la partie méridionale du territoire nationale souffre, et de plus en plus, de l’inondation et de la stagnation nocives. Il faut bien le dire, le nombre de populations lacustres s’accroît, puisqu’avec les installations abusives et désordonnées, des quartiers entiers vivent dans l’eau à longueur d’année. En saison pluvieuse, les souffrances des populations s’aggravent et nous devenons des batraciens en proie à des infections et affections les unes aussi bizarres que les autres. Les zémidjans, ces héros du transport, se font amphibiens et naviguent magistralement dans des flaques-marres avec leurs chargements humains tout reconnaissants et prêts à pardonner et à faire avec, malgré l’imprudence parfois mortelle de ces taxis à deux roues. Cette résignation joyeuse dans la débrouillardise fait partie de ce mal - vivre qui devient notre habitude. Et puisque la grande majorité des citoyens se déplacent à deux roues, obligés de subir les intempéries surtout en temps de pluie, nous sommes pour la plupart des Béninois dans l’eau ou sous l’eau, à la maison, en circulation, et parfois à l’école ou même à l’hôpital.
Les visites sporadiques des autorités locales ou centrales dans nos eaux n’illustrent que davantage nos communes inconséquence et incohérence. Excusez du peu.

Abbé André S. Quenum

Par Journal Catholique La Croix du Bénin - Publié dans : EDITORIAUX
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /Juin /2009 07:53

Un limogeage sulfureux

Au fil des événements qui tissent notre histoire, cette semaine fait réfléchir pour plusieurs raisons. Au compte des événements particulièrement marquants, le dinosaure Omar Bongo s’est éteint. Et, bien des bouleversements s’en suivront au Gabon et en Françafrique. Ça ne fait que commencer ! Au titre des faits positifs, la nation béninoise le doit à l’ultimatum de la Cour constitutionnelle de voir finalement installer la Haute Cour de Justice, 3e mandature, et la seule réellement installée à ce jour. Mais, la voir fonctionner est une autre paire de manches.
Dans le registre des événements inquiétants, on peut citer : le désordre de certaines écoles privées, l’insécurité toujours difficile à maîtriser, la situation de plus en plus compliquée dans le monde de la santé. Autant de dossiers dans lesquels les citoyens s’impatientent de voir l’Etat faire preuve de plus d’assurance. Mais il n’en est rien, nonobstant ce que marches et communiqués font croire. La gestion scabreuse des ‘dossiers de la santé’ a été invoquée par le conseil des Ministres pour justifier le limogeage de Soulé Mana Lawani, ministre de l’Economie et des Finances.
S’il est vrai que des ministres ont pu, sans l’accord du gouvernement, prendre un arrêté de primes pour des travailleurs, engageant ainsi la responsabilité de l’Etat à hauteur de plusieurs dizaines de milliards, mais que l’Etat ne s’en rende compte qu’un an après, il faut, une fois le bouc émissaire sacrifié, s’inquiéter des faiblesses de l’appareil d’Etat. Quelles autres surprises nous attendent donc ? Si par contre la justification du limogeage est un montage, il faut s’inquiéter de l’anguille cachée sous la roche, ou du squelette qui gît dans le placard.
Dans tous les cas, ce limogeage dégage du sulfure. Du soufre qui intoxiqua les médias pour une belle et enivrante cacophonie, et pour la localité dont le ministre est «natif» puisque ses populations, logiques par rapport au système mis sur pied, se plaignent du sort de «leur» ministre. Mais surtout, ce sulfure est potentiellement inflammable au  compte de tous les dessous qu’on ignore encore mais dont la fumée ne peut se dissimuler de façon permanente. Pauvre Bénin !

Abbé André S. Quenum

Par Journal Catholique La Croix du Bénin - Publié dans : EDITORIAUX
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /Juin /2009 01:37
«Monsieur le Président, rassurez-nous!»

Les gaffes du ministre Nicaise Fagnon, lors d’une marche politique à Dassa, samedi 2 mai dernier, n’ont toujours pas fini de faire des vagues, malgré les explications qu’il a, lui-même, tenté de fournir le 9 mai. Sur une chaîne de télévision privée cette semaine, Jean Gounongbé, nouvellement nommé chargé de mission à la présidence de la République, s’est essayé, à la suite de plusieurs autres, à dédramatiser l’affaire, en expliquant que les phrases du ministre sont sorties de leur contexte. Rien n’y fit. Les députés – et pas seulement ceux de l’opposition – ont voté pour confirmer l’interpellation du président de la République par l’Assemblée nationale. Il y a de sérieuses raisons de respecter la démarche du Parlement dans cette affaire.
Les paroles de menaces du ministre excluant de Dassa toute sensibilité politique autre que la mouvance, provoquent l’indignation fondée des députés de tous bords. Et le rôle ici des opposants n’est pas pareil à leur récupération de la grève des travailleurs de la santé, au profit de leur marche politique. Dans la gaffe de Fagnon, les députés tiennent la preuve de pratiques de menace et d’exclusion qui, si elles ne sont pas nouvelles, se développent  lors des meetings politiques dans le camp du changement, quelquefois en présence même du chef de l’Etat. Conscients de la gravité de certains messages et pratiques, les organisateurs de ces meetings savent, au moment venu, éloigner les caméras et micros de journalistes, affirment des députés. 
Pour la paix sociale, et nonobstant les arguties de droit développées par un Gbadamassi, il y a de quoi porter l’indignation au plus haut niveau. Qu’il se présente personnellement ou se fasse représenter, il urge que le chef de l’Etat réponde au besoin des députés d’être rassurés qu’il n’est solidaire, ni au présent ni dans le futur, de pratiques menaçantes pour la paix sociale. «Rassurez-nous, M. le Président», disent les députés. Partant, il devient un devoir pour tous, de documenter et de dénoncer les pratiques politiques délétères pour la paix sociale, de quelque bord qu’elles surgissent.

Abbé André S. Quenum

Par Journal Catholique La Croix du Bénin - Publié dans : EDITORIAUX
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés