Le magazine spécial pour le jubilé des 150 ans est en vente au siège du journal et sur les paroisses ainsi qu'à la librairie notre-dame.
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Lettre à petit Pio
Petit Pio, alors que tu n’as que 5 ans et que tu ne peux même pas encore compter jusqu’à 150, l’Eglise au Bénin fête les 150 ans de l’arrivée des messagers de la Bonne nouvelle de Jésus-Christ,
ces messagers qu’on appelle les pères de la Société des missions africaines. Eux et d’autres groupes de messagers ont laissé leurs parents et leurs terres. Ils ont traversé les mers pour venir
jusqu’à nous et nous parler de Jésus et vivre son amour avec nous. Nous racontons leur histoire. En grandissant, tu apprendras à la connaître. Tu ne pourras jamais connaître le visage de chacun
d’eux. Mais tu découvriras que Dieu est passé par eux et continue de passer par les messagers d’aujourd’hui pour te donner son amour. Tu vois, mon cher petit Pio, ce n’est pas seulement le
chiffre 150 qui est trop long à compter pour toi. C’est aussi tous ceux que Dieu a mis sur ton chemin avant ta naissance, qu’il met et mettra sur ton chemin aujourd’hui et demain. A travers tout
cela, c’est Dieu qui te montre son amour, cet amour de Dieu est plus grand que toi, il est plus grand que ton cœur.
Plusieurs adultes comme tes parents, les évêques et les prêtres qui doivent t’aider à grandir dans cet amour ont été témoins ou ont entendu parler de la fête du centenaire célébré il y a 50
ans. Ces adultes peuvent analyser comment l’Eglise a grandi, et comment elle a fait face à de nombreux défis. Et crois-moi, mon cher petit Pio, ils se sentent aussi dépassés par ce même amour de
Dieu.
Maintenant, ils te regardent, petit Pio, et se demandent: à notre tour, qu’allons-nous laisser à petit Pio et aux enfants comme lui ? A la suite des anciens, comment allons-nous célébrer les
150 ans et nous projeter dans l’avenir de Dieu ? Que sera l’Eglise de Dieu au Bénin et comment sera le Bénin dans 50 ans, lorsque petit Pio participera à la célébration des 200 ans de notre
évangélisation ? Allons-nous éduquer petit Pio et les enfants que Dieu nous a confiés de manière à ce qu’ils découvrent l’amour de Dieu, le vivent, lui restent fidèles et le partagent ?
Cher petit Pio, aujourd’hui c’est aux adultes de répondre à ces questions.
Dans 50 ans, ce sera ton tour, le tour de ta génération d’y répondre. D’hier à demain, le temps de Dieu nous dépasse tous, comme son amour. Mais en apprenant à célébrer sa fidélité par des
jubilés, les juifs nous ont appris à rentrer dans son temps et dans son amour. Au quotidien, restons fidèles en rendant compte de notre espérance.
Abbé André S. Quenum
ANNEE JUBILAIRE: Annonce de la fête du 10 avril 2011 en Audio
A l’aube du mercredi 30 mars, la Cour constitutionnelle a proclamé les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 13 mars 2011. Tous les recours ont été rejetés. Le candidat Boni Yayi
est élu président de la République pour un second mandat à compter du 6 avril prochain.
Mais l’ambiance qui accompagne cette décision prouve, s’il en était besoin, la délicatesse de la situation. Le calme qu’il y a dans le pays cache mal un malaise partagé par tous les camps. On
peut certes penser que l’interdiction des manifestations liées à la présidentielle par le ministre de l’intérieur, interdiction renforcée par une police armée et surchauffée, a étouffé les
contestations des résultats par l’opposition et les centrales syndicales d’une part et d’autre part, freiné l’élan festif des partisans du candidat élu. Mais le candidat malheureux, Adrien
Houngbédji, confirme son rejet des résultats et réclame avoir gagné les élections. « J’accuse réception de la décision de la Cour mais je ne peux l’accepter », déclare de son côté le
deuxième candidat malheureux, Abdoulaye Bio Tchané. Les syndicats quant à eux, promettent de bloquer le pays les 5, 6 et 7 avril. Les scènes rares chez nous comme commissaires de police et élus
du peuple aux prises dans la rue, le matraquage et l’arrestation d’un député sont moins que rassurantes. En plus, il y a quelques jours le Chef d’Etat major avait déclaré carrément que la
situation est à un niveau 3 de gravité et qu’il dort dorénavant au camp. Nous sommes donc en danger grave. Et nous devons trouver des issues de sorties.
Mais rien de tout ce qui précède ne peut expliquer, encore moins justifier le fait de brouiller à nouveau les ondes de Radio France Internationale, comme c’était le cas le mardi 29 mars à 10
heures. Les actes de ce genre, comme toutes les autres manœuvres de musellement des médias locaux ne sont pas graves seulement en ce qu’ils violent la liberté de presse et nuisent à l’image
de notre démocratie. Mais il faut considérer aussi que, dans la situation actuelle, une fois les médias muselés, les rumeurs et les désinformations peuvent être plus nuisibles à la préservation
de la paix qu’on ne pense. Il faut aussi bien exiger des animateurs de la presse d’être professionnels que protéger la liberté d’expression et le droit à l’information libre.
Abbé André S. Quenum
Le plus étonnant par les temps qui courent, ce n’est pas la crise électorale elle-même. C’est ce que nous en faisons ou n’en faisons pas. Depuis la nuit électorale du 13 mars, nul n’ignore que
l’admirable calme dans lequel les populations ont voté a pris fin avec la fermeture des bureaux de vote. La tension a commencé à remonter entre les camps politiques. Les uns comme les
autres ont commencé par réclamer la victoire, chacun accusant l’autre de tous les genres de fraudes possibles. Cette tension a rejailli sur les populations pour s’exprimer sous la forme d’une
phobie pernicieuse et persistante animée par les rumeurs les plus folles.
Mais curieusement, au niveau du peuple, nous sommes un peu comme essoufflés. Ou, faut-il dire démontés ? Ou est-ce plutôt remontés ? Certains ont la joie contenue et
d’autres sont déçus, mais peu sont indifférents. Dans les conversations de salons ou les discussions de groupes, les prises de positions sont parfois si excessivement tranchées qu’il est
difficile de reconnaître les Béninois. Chacun interprète les choses à l’aune de sa position. Les faits ne sont plus les faits, les lois, et mêmes les chiffres n’ont plus rien d’objectif. Chacun
interprète comme il veut les indications des grandes tendances fournies par une Céna divisée et les résultats provisoires publiés par la Cour constitutionnelle. Jusque là, aucun effort connu pour
réduire la phobie entretenue par les rumeurs, sinon une intervention passagère du chef d’Etat major général. Après l’annonce provisoire de la victoire par majorité absolue de Boni Yayi suivie de
l’auto-proclamation de son challenger, Adrien Houngbédji, comme président élu, c’est comme si nous attendons par enchantement qu’une solution paisible nous sorte d’impasse d’une manière ou d’une
autre. Et nous attendons qu’elle advienne sans la chercher ni la construire. Or avec la marche organisée par l’opposition le jeudi 24 mars dernier, les violences de forces de l’ordre et
l’arrestation d’un député, la crise est sensiblement montée d’un nouveau cran. Et pourtant nous devons finir la présidentielle et tenir les échéances des législatives. Il ne suffit pas de dire
que les institutions en charge vont faire le travail. Elles sont là depuis. Les hommes qui les animent ont besoin d’aide. Et la situation actuelle nous interpelle tous, les candidats d’abord,
leurs camps, et nous tous sans exception.
Abbé André S. Quenum
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